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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 21:40

 

 

Après  Orgueil et Préjugés, j’ai continué ma découverte de Jane Austen avec Northanger Abbey puis Mansfield Park et enfin Raison et sentiments ; et je ne suis pas déçue !

 

 

 

Northanger Abbey, en particulier, a été un joli coup de cœur ! Ce roman est une œuvre un peu différente des autres romans que j’ai pu lire de Jane Austen. 

 

Catherine Morland, à 17 ans, est une héroïne en devenir.  Passionnée de romans de romans gothiques et "spécialiste" en la matière, elle est toutefois on ne peut plus naïve dans la vie quotidienne.  Lorsque les Allen, couple sans enfants, décident de l'amener à Bath pour la saison, Catherine rêve de voir sa vie d'héroïne commencer.   


Le ton à la fois ironique et bienveillant de l’auteur est unique et bien senti. Ce court roman est un prétexte pour Jane Austen qui s’amuse (et nous amuse) en caricaturant les romans gothiques. Mais, sauf erreur de ma part, on sent chez elle un petit quelque chose d’admiration pour ces romans, à travers le personnage de Catherine notamment mais pas seulement. Aussi la critique se fait elle drôle et gentille, et donc très agréable !

 

Par ailleurs, les ambiances créées entre la modeste demeure des Morland, l’agitation fiévreuse de Bath et la splendeur austère de Northanger apportent ce qu’il faut de variations, de rebondissements et forment un tout fort sympathique. 

 

Mais je pense que le charme de ce roman tient à des personnages tous plus aimables les uns que les autres ! Quoique non, en fait, certains sont détestables… Mais les gentils le sont tellement (adorables), jusqu’à la naïveté que c’en est touchant et que cela donne une intrigue « trop mignonne » ! Catherine est très attachante dans son ingénuité. On suit avec plaisir sa découverte du monde, ses aventures, ses joies et ses déboires. Henry Tilney est un personnage, s’il n’est pas aussi approfondi que d’autres personnages masculins de Jane Austen, est du moins vraiment aimable, sans part d’ombre. On ne sombre pas dans le cliché de l’homme blessé et ténébreux. Bref, pour ma part, il tient pour l’instant la première place de mon classement des héros de Jane Austen !

 

Certes, l’histoire n’est pas novatrice, le dénouement est prévisible… Mais quel bonheur d’accompagner Jane et ses personnages dans cette histoire !

♥♥♥♥♥

 

 

 

 

Plus tard, je me suis plongée dans l’univers de Mansfield Park. Je trouve remarquable la manière qu’a Jane Austen de créer des schémas si similaires dans ses différents romans et d’en faire à chaque fois pourtant un univers particulier que l’on découvre avec plaisir !

 

Fanny Price a été accueillie à Mansfield Park par son oncle et sa tante alors qu'elle avait 10 ans, ceux-ci souhaitant rendre service à sa mère qui, ayant fait un imprudent mariage, avait de la difficulté à faire vivre sa nombreuse famille.  Elle grandit donc auprès de ses deux cousines - Maria et Julia - et ses deux cousins - Tom et Edmund - tout en étant toujours traitée comme une parente inférieure par tous à l'exception d'Edmund.   La très vertueuse Fanny voit bientôt ses sentiments pour Edmund passer de la simple affection à l'amour mais l'arrivée à Mansfield de Miss Crawford - de laquelle s'éprendra Edmund - et de son frère viendra causer beaucoup d'émois aux habitants de Mansfield Park.

 

Cependant, j’ai personnellement trouvé Mansfield Park un peu en deçà de mes deux précédentes lectures. Ce roman est un peu plus long et sa lecture s’est révélée plus laborieuse. Je mets en grande partie cela sur le compte de personnages moins attachants, à la fois plus longuement et moins précisément décrits. J’ai par-dessus tout trouvé Fanny terne et presque ennuyeuse. Je n’ai commencé à lui porter de la sympathie que sur la fin du roman. Pour Edmund, ce fut l’inverse, s’il m’a charmé au début, son aveuglement et ses tergiversations m’ont agacée au fur et à mesure que l’histoire avançait. En outre, je trouve que peut-être le roman gagnerait à être quelque peu abrégé, avec moins de rebondissements qui donnent plus une impression de tourner en rond que de dynamiser l’intrigue (la mise en scène de la pièce de théâtre par exemple m’a paru lourde et peu à propos ; en fait, la volonté d’insérer une dimension de critique sociale était assez malvenue selon moi, ici).

 

Ceci dit, j’ai apprécié cette lecture de par l’atmosphère créée, les personnages secondaires et les « méchants » bien travaillés, et toujours pour la plume de Jane Austen, piquante et tendre à la fois !

♥♥♥♥♥

 

 

 

Enfin, j’aimerais parler de mon véritable coup de cœur : Raison et sentiments !

 

En amour comme en tout, rien n’a changé depuis le XIXème siècle. Si la fougueuse Marianne s’abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l’amour à force de tempérance ? Raison et sentiments : impossible équation ? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire. 

 

C’est bien simple, j’ai tout aimé ! Je n’y pas retrouvé les quelques points négatifs qui avaient pu me gêner dans Orgueil et préjugés. 

 

En réalité, je ne sais pas trop comment décrire mes impressions… J’ai trouvé ce roman parfaitement mené avec des personnages emblématiques, une intrigue pleine de revirements bienvenus, une écriture fine et nuancée pour une Angleterre fascinante de la campagne sauvage à l’agitation londonienne ! 

 

Evidemment, l’auteur nous parle encore de jeunes filles de bonnes familles mais sans le sou et de leurs amours ; cependant, le charme opère toujours et d’autant plus dans Raisons et sentiments. Pour ma part, j’ai été particulièrement sensible à la relation entre Marianne et Elinor, par les similitudes entre leurs situations et leur manière différente d’affronter les obstacles. Je ne parviens pas à choisir mon camp définitivement entre les deux sœurs mais je crois que je me vois plus en Elinor : d'abord parce que je dessine mieux que je ne chante ^^ et puis parce que l’élu de son cœur, tout comme sa vision du bonheur me parlent davantage que ceux de  Marianne. 

 

De ce roman, les seuls reproches que je pourrais faire sont le manque de développement de certains personnages secondaires et une fin un peu rapide (voire beaucoup trop rapide pour Marianne). Le reste est parfait !

♥♥♥♥♥

 

 

Je suis triste de penser qu’il ne me reste que quelques romans de Jane Austen à découvrir… Il faudra ensuite se contenter du plaisir de la relecture !

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:38

 

 

Je suis de retour (mais pour combien de temps... ma vie est trop mouvementée ^^) avec le chef-d'oeuvre de Philip Pullman, la saga A la croisée des mondes (His dark materials). J’ai lu cette trilogie deux fois en entier (et d'affilée) mais j’ai dû relire le premier tome une quinzaine de fois (au moins) ! La première fois, j’avais à peine 11 ans (comme Lyra d’ailleurs), j’étais en sixième et j’ai a-do-ré ! La seconde, ce fut l’année dernière. J’ai mieux analysé, j’ai eu un regard beaucoup plus critique mais, l’un dans l’autre, je conserve mon coup de cœur !

 

 

Comme pour mon article sur la saga Hunger Games, je vous propose un découpage en deux parties :

-  Les points transversaux de la trilogie

-   Mon avis tome par tome

 

Je vais essayer de rester superficielle pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture et de la découverte pour ceux qui ne l'ont pas lu (et ceux qui l'ont lu sauront de quoi je parle ^^).

 

C’est parti ?

 

 

 

1° Points transversaux

 

1°1 La plume de Phillip Pullman


Cette trilogie est extrêmement bien écrite, très agréable à lire, le style est terriblement addictif ! La plume est à la fois subtile et dynamique. Les descriptions convoquent parfaitement l’univers du récit, les dialogues sont très bien menés avec un registre de langage adapté au personnage mais jamais enfantin pour autant. Pour une saga étiquetée jeunesse (alors que franchement, ce n’est pas vraiment justifié), l’écriture est très travaillée même, parfois, complexe pour les plus jeunes, je pense. Après, je n’ai lu qu’en français... Même si je pense que le texte original est très bon, j’aimerais souligner l’excellent travail du traducteur tant au niveau général que pour les termes associés au monde de Pullman.

 

1°2 L’univers de la saga


Mais où Phillip Pullman est-il allé chercher tout ça ?! C’est certainement l’univers fantastique de la littérature qui m’a le plus fasciné de tout ce que j’ai pu lire ! Tout me plait : l’idée des différents mondes, les enjeux de pouvoir, le poignard subtil, l’aléthiomètre, les daemons bien sûr (je me suis toujours demandé quelle forme mon daemon prendrait...).  J’ai aimé cette incursion subtile du fantastique dans un monde que l’on connait ou que l’on pourrait connaitre, différent juste comme il faut du nôtre.  Comme toujours, j’ai moins apprécié les éléments trop merveilleux pour moi : les sorcières, les ours, les anges, les Mulefas. Mais, dans cette trilogie, ça ne m’a pas plus embêté que cela : ces éléments sont introduits progressivement et s'insèrent parfaitement dans l'univers créé. C'est là un autre point particulièrement génial à souligner : le rythme d’apparition des éléments est parfait, nous avons juste le temps d’assimiler mais pas le temps de s’ennuyer. Nous sommes toujours dans la découverte, dans l'attente d'un élément qui éclairera les événements.Quel suspense et quelle maitrise !

 

J'aurais néanmoins quelques critiques à ajouter. D'une part, Pullman tombe dans un schéma traditionnel avec le personnage de l'élue, Lyra. Pourquoi elle ? Pourquoi faut-il toujours un élu avec une prophétie ? Evidemment, c'est efficace mais ce n'est pas très original. Pour le coup, j'ai préféré Will qui s'est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Même si, comme par hasard, c'est un garçon au passé trouble et d'une grande morale, son implication dans l'aventure semble davantage fortuite et plus naturelle. Il est plus facile de s'identifier à ce jeune homme qu'à Lyra par le fait.

 

Ma seconde critique tiendra au fond du message que transmet Pullman : l'objectif à terme est de détruire l'Autorité et le Magisterium (comprenez Dieu et l'Eglise). Pour ma part, mettre tous les maux du monde sur l'existence de l'Eglise me paraît un peu facile et par trop manichéen. En outre, au-delà d'un anticléricalisme qui confine à la caricature mais que je peux admettre, je ne comprends pas cette volonté d'en finir avec Dieu et de l'opposer à la liberté et au plaisir : n'avons-nous pas la liberté de croire et d'en tirer un certain bien-être, Monsieur Pullman?  

Mais enfin, au vu de la qualité de l'histoire et de la richesse du monde créé, j'ai facilement fait abstraction de ces sous-entendus radicaux pour me concentrer sur le sens au pied de la lettre et l'exhaltation que nous procure la quête de Lyra et de ses amis (les cathos sont loin d'être des gens obtus, n'en doutez pas ! ^^).

 

 

 

 

1°3 Les personnages


Lyra est la fillette que j’ai rêvé d’être, enfant : courageuse voire téméraire, enthousiaste, audacieuse (menteuse à ses heures mais pour la bonne cause), vive, intelligente, intuitive ! Les qualificatifs ne manquent pas. Cependant, dès ma première lecture mais surtout récemment, elle m’a fortement agacée. On la découvre sous un autre jour également. C'est une enfant très sûre d'elle jusqu'à l'arrogance. Elle est aussi réglièrement capricieuse et colérique. Malgré cela (et heureusement), on s’attache vraiment à elle et à son daemon, Pantalaimon. Ce dernier a souvent des réactions opposées à celle de Lyra : il est craintif, plus réfléchi (comme le fond du cœur de Lyra ?). En tout cas, c’est l’héroïne idéale, celle qui permet de rendre l’histoire palpitante d’autant plus que Lyra grandit et évolue au cours des tomes, elle apprend de ses erreurs et s'assagit. 

 

Will Parry n'apparaît que dans le deuxième tome mais on a l'impression de la connaitre autant que Lyra et on se demande comment on a pu s'en passer tout ce temps ! Lors de ma première lecture, à 11 ans, j’avais un gros faible pour lui ^^. Normal, me direz-vous, il est parfait : il est plus adulte que Lyra et est donc rassurant. Je ne lui trouve que des qualités : réfléchi et courageux, intègre et volontaire. Will évolue finalement moins que Lyra parce qu'il en a moins besoin, en fait. Il reste fidèle à lui-même tout au long de l'aventure et apporte une stabilité nécessaire.

 

Madame Coulter et Lord Asriel sont deux personnages tout en nuances. Ni bons, ni mauvais, c'est la soif de pouvoir qui les guide et les rassemble. J'ai détesté la doucereuse Marisa Coulter dès le début. Elle est fausse mais elle reste fascinante et presque touchante à certains moments : lorsqu’elle est moins sûre d’elle, quand elle ne peut plus tout contrôler, quand elle semble capable d’éprouver des sentiments. Mais même dans ces situations reste son affreux daemon ! Lord Asriel m'a posé quelques problèmes : intellectuellement, évidemment ce personnage est central. C'est le fondateur de la République des Cieux (l'histoire n'irait pas loin sans lui), il a un passé trouble, il cherche à contrôler totalement les événements, les gens et ses propres sentiments... Bref de quoi en faire un personnage de grande envergure ! Mais il ne m’a jamais touché réellement. C’est très étrange. Je crois qu’il est trop fidèle aux stéréotypes de ce type de roman, trop ténébreux, il en sait trop et tout et tout...

 

Les personnages secondaires sont aussi très étudiés. Inoubliables au même titre que les principaux. Je pense notamment à Farder Coram que j’ai a-do-ré ! Ou bien sûr à Lee Scoresby : mon personnage préféré vraiment ! Il apporte une dose d’humour mais aussi d'émotion à l'histoire. Je ne suis pas la seule à l'avoir adoré puisque Pullman a ensuite écrit une préquelle le concernant (que je n’ai pas encore lu mais ça ne saurait tarder). J'ai moins aimé Mary Malone, elle est très importante, certes, mais pas très touchante (et je n'ai pas accroché aux Mulefas, ça n'aide pas).

 

Pour conclure cette partie, je dirai que les personnages sont une autre grande force de cette trilogie. Hautement réalistes dans leurs caractères et dans leurs réactions, très travaillés, susceptibles d'évoluer, aucun ne laisse indifférent, des personnages principaux jusqu'aux derniers des personnages secondaires !

 

 

2° Tome par tome

 

Attention, les tomes 2 et 3 révèlent naturellement des événements du premier tome...

 

2°1 Les royaumes du Nord


 

Pourquoi la jeune Lyra, élevée dans l'atmosphère confinée du prestigieux Jordan College, est-elle l'objet de tant d'attentions ? Lorsque son meilleur ami disparaît, elle se lance sur ses traces. Un périlleux voyage vers le Grand Nord, qui lui révélera ses extraordinaires pouvoirs et la conduira à la frontière d'un autre monde.

 

Une pépite ! Un début in medias res qui aide vraiment et qui fait qu’on ne peut pas lâcher ce livre avant la fin. Tant de questions sont posées en vingt pages et nous plongent directement au coeur de l'aventure !  Les personnages sont très riches, on ne peut que se sentir concerné par ce qui leur arrive.

 

Quand j’étais petite, lors de ma première lecture, c’était incontestablement mon tome préféré. Il y a certainement plus d’action, plus de paysages à découvrir que dans les autres tomes. La découverte d’un monde si proche et si lointain du notre m'a fascinée et la fin est pleine de promesses. Je n’y vois quasiment aucun défaut en fait !

 

♥♥♥♥♥

 

2°2 La tour des anges


 

Le jeune Will, à la recherche de son père disparu depuis de longues années, est persuadé d’avoir tué un homme. Dans sa fuite, il franchit une brèche presque invisible qui lui permet de passer dans un monde parallèle. Là, à Cittàgazze, la ville au-delà de l’Aurore, il rencontre Lyra, l’héroïne des "Royaumes du Nord". Elle aussi cherche à rejoindre son père, elle aussi est investie d’une mission dont elle ne connaît pas encore toute l’importance. Ensemble, les deux enfants devront lutter contre les forces obscures du mal et, pour accomplir leur quête, pénétrer dans la mystérieuse tour des Anges…

 

Voilà un tome avec lequel j’ai eu plus de difficultés lors de ma première lecture. Avec le recul, je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’il est plus lent, parce que l’atmosphère change du tout au tout par rapport au premier, parce qu’il faut se réadapter à de nouveaux personnages et ne pas se perdre entre les mondes (les petits dessins-repères en haut des chapitres signalant le monde où l'on se trouve sont vraiment une excellente idée d'ailleurs).

 

A la relecture, je n’ai pas peur d’affirmer que c’est là mon tome préféré : d’une part il y a l’arrivée de Will, alors bon ben voilà quoi ^^. Mais outre ce détail (ahahah), je trouve que tout est parfait : le monde angoissant et oppressant de Cittàgazze, les nouvelles trouvailles de Pullman comme les spectres. L’histoire du poignard m’a exaltée tout comme l’apprentissage difficile de Will.

 

La fin m’a un peu moins plu : elle est quelque peu rapide, vite expédiée (mais, après tout, c'est ainsi que la vivent les héros). J'ai également été moins absorbée par l’histoire de Mary Malone et des ombres qui lui parlent : c’est étrange quand même (et moins "naturel" que l'aléthiomètre). Mais, je le répète, ce tome est mon favoris !

 

♥♥♥♥♥

 

2°3 Le miroir d’ambre


 

Lyra est retenue prisonnière par sa mère, l'ambitieuse et cruelle Mme Coulter qui, pour mieux s'assurer de sa docilité, l'a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s'est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. À son réveil, Lyra lui annonce qu'une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts…

 

C'est un tome plus difficile, qui coule moins de lui-même ai-je trouvé ; mais il n'est pas de moins bonne qualité ! Il est plus noir.

 

L'action n'est pas régulière dans ce volet. L'histoire avance par étape. On commence avec la quête de Will pour retrouver  Lyra ; j’ai beaucoup aimé l'idée du rêve entrecoupé de Lyra mais ce que je retiens surtout de cette partie, c'est la richesse des paysages décrits... merveilleux.

 

Une seconde partie, et pas des moindres, est consacrée à la descente dans le monde des morts. J'ai adoré le chemin jusque là ! Le monde en lui-même et l'après sont aussi bien décrits mais moins surprenants peut-être. Que d'émotions et de tristesse en retrouvant les morts, les anonymes mais aussi ceux que nous attendions de revoir !

 

La dernière partie du roman m'a moins transportée bien qu'elle m'ait complètement absorbée. La fin est vraiment à la hauteur de la virtuosité de la saga. Elle est très touchante, telle qu'elle doit être. Mais les héros sont encore très jeunes et nous n'avons aucun indice pour deviner ce que sera leur vie désormais... Le lecteur est libre de s'imaginer ce qu'il veut... c'est bien mais un peu frustrant dans ce cas. Cela dit, Pullman a complété sa trilogie par d'autres romans qui m'éclaireront peut-être !

 

♥♥♥♥♥

 

 

 

Un petit mot sur le film ?


 Il n'est vraiment pas à la hauteur du roman (il n'a d'ailleurs eu aucun succès si bien que seul le premier tome a été adapté). Il faut reconnaitre que les décors sont bien travaillés et sont probablement le point fort du film (l'aléthiomètre est bien rendu, la mort aussi avec la disparition des daemons) même s'ils font un peu trop faux, retouchés. 

 

En fait, l'histoire est édulcorée, on y trouve moins les enjeux de fond, les ours ne sont pas très impressionants, le daemon de Madame Coulter est tout petit (je voyais un singe plus imposant). Et cela se ressent dans l'interprétation des acteurs qui ne parraissent pas convaincus. Le casting est plutôt très bien mais le talent des acteurs n'est pas transcendé. Et je n'accroche pas du tout à cette Lyra (surtout à sa voix en VF, quelle insolence, arrogance et prétention).

 

Le réalisateur en a fait un film pour enfant et a donc gâché tout le potentiel de l'oeuvre. Dommage !

♥♥♥♥♥

 

Bon ça y est, j’ai envie de relire l'ensemble… encore ! 

 

 

 

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 13:56

 

 

Oui, j’avoue, j’ai lu du Musso. Je voulais me faire mon propre avis en connaissance de cause ; parce qu’entre ceux qui le descendent plus bas que terre (parfois sans l’avoir lu) et ceux qui l’encensent sans réel  argument, je ne savais pas trop qu’en penser. Verdict en quelques mots ? Des histoires prenantes dans une langue très plate.

 

 

Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme. À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout pourquoi est-elle revenue ?

 

J’ai eu le premier, Parce que je t’aime, dans le cadre d’un swap [merci Gummis !] J’ai été happée par l’histoire si bien que j’ai dévoré ce roman en trois petites heures ! Il faut dire que ça se lit bien, aucune complexité dans l’écriture ; ce qui n’est pas forcément négatif,  malheureusement, dans ce cas-là,  c’est aussi parce que qu’il n’y a aucune recherche dans le maniement de la plume… 

 

Mais on peut passer outre cette pauvreté linguistique pour saluer l’inventivité et l’originalité de l’intrigue. J’ai envie de dire que cela fonctionne ! Certains parlent de  « littérature commerciale » (mais la véritable littérature peut-elle être commerciale ? Haha, vous avez  6 heures !), je les rejoins : c’est efficace. Néanmoins, Guillaume Musso n’évite pas les clichés : l’enfance malheureuse, le self made man… Le tout se liant dans un véritable mélodrame frisant parfois le pathétique. Mais bon, on passe un très bon moment sans prise de tête !

 

Je dois quand même souligner que j’ai été déçue par le dénouement…  Etant donnée l’attente créée autour, je m’attendais à plus surprenant. J’avais pensé à cette hypothèse avant de l’écarter car je la trouvais trop convenue… Eh bien, j’avais vu juste, à mon grand regret… 

♥♥♥♥♥

 

 

Et si l'on nous donnait la chance de revenir en arrière ? Elliott, médecin réputé, père comblé, ne s'est jamais consolé de la disparition d'Ilena, la femme qu'il aimait, morte il y a trente ans. Un jour, par une circonstance extraordinaire, il est ramené dans le passé et rencontre le jeune homme qu'il était alors. Les années 1970 battent leur plein à San Francisco, Elliott est un jeune médecin passionné et plein d'ambition. Fera-t-il cette fois le geste décisif qui pourrait sauver Ilena ? Saura-t-il modifier son implacable destin ?

 

Plus tard, j’ai lu Seras-tu là ?. Là encore, j’ai été frappée par la plume sans nuance ni subtilité de Musso. Les premières pages sont un peu dures … Mais on finit par s’habituer (on s’habitue à tout, je crois) pour se laisser captiver par l’histoire. Si celle-ci comporte aussi son lot de stéréotypes (avec aussi d'énormes similitudes entre les deux romans), je l’ai malgré tout préférée à Parce que je t’aime. Et la fin ne m’a pas déçue cette fois-ci ! Les personnages sont peu fouillés, trèèès convenus mais finalement assez attachants. 

♥♥♥♥♥

 

 

[PS : mais quel est le rapport entre les textes et les couvertures des romans ???]


Conclusion : je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé. Il faut simplement savoir à quoi s’attendre, ne pas vouloir y trouver du Victor Hugo, et il y a alors possibilité d’apprécier ces petits romans plutôt divertissants !

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 16:48

 

Après encore une longue absence, un nouvel article regroupant plusieurs chroniques :

 

- Le Rayon vert, Jules Verne

- Spellman et associés, Lisa Lutz

- Véronika décide de mourir, Paulo Coelho

- La voleuse de livres, Markus Zusak

 

 

 

Helena Campbell, jeune fille fantasque issue d’un des meilleurs clans écossais, déclare à ses oncles qu’elle n’envisagera le mariage qu’après avoir contemplé le rayon vert. Selon une vieille tradition, celui qui l’a vu «ne peut plus se tromper dans les choses des sentiments». Au cours de cette quête, elle pourra juger les qualités et les sentiments du jeune pédant Aristobulus Ursiclos ainsi que l’âme d’un jeune peintre qu’elle sauvera d’un naufrage. 

Jules Verne compose ainsi, mêlant les connaissances scientifiques de son temps aux descriptions des coutumes et des splendides paysages d’Ecosse, un de ses meilleurs romans d’amour. 

 

De ce que j’en ai lu, j’aime beaucoup Jules Verne, mais jusqu’au Rayon vert, je n’avais pas encore eu de coup de cœur… Ca y est !  

 

Ce roman sort de l’idée que l’on peut se faire de Jules Verne. Pas d’invention géniale ou de longues pages de classification scientifique, non. Il est ici question de poésie, d’amour, d’une part de magie à l’écossaise également. Si l’humour est toujours présent, si l’on voyage toujours autant et si l’aventure est toujours au cœur de l’histoire, ce roman m’a quand même donné l’impression d’un renouveau. Et c’est pour le mieux ! D’autant que la plume de Jules Verne est de grande qualité, chose que l’on remarque vraiment dans Le Rayon vert.

 

Ce livre n’est pas très long, je n’en ajouterai donc pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte si l’envie vous prenait de vous lancer dans l’aventure. Je dirai simplement que la (double) quête du rayon vert m’a beaucoup plu ; c’est frais, léger et la fin est à la hauteur !

♥♥♥♥♥

 

 

 

 

Qui pourrait résister aux Spellman, la famille la plus sérieusement fêlée de la Côte Ouest ? Certainement pas leur fille, Izzy, associée et néanmoins suspecte. Car pour ces détectives-nés, rien n'est plus excitant que d'espionner, filer, faire chanter... les autres Spellman de préférence.

Mélange détonant d'humour et de suspense, ce best-seller international (et son héroïne) a fait craquer Hollywood : vous n'êtes pas près d'oublier les Spellman ! 

 

 

Voilà un roman sympathique et divertissant mais je suis assez loin du coup de cœur. Les personnages sont carrément loufoques et, je dois dire, plutôt attachants. Ils ont un don pour se mettre dans des situations improbables ! Entre enquêtes professionnelles et espionnage familial, on s’amuse beaucoup à la lecture de ce roman. La plume et le point de vue d’Izzie servent bien cette ambiance déjantée.

 

Cela dit, je m’attendais à quelque chose d’encore plus drôle (au vu du commentaire de Laurence Wessinger) alors que j’ai trouvé qu’il y avait une part de tristesse due à une atmosphère pas si légère pour les personnages de cette famille haute en couleur. J’ai à la fois eu un peu de mal à entrer dans l’histoire et je me suis un peu lassée sur la fin (avant la remontée finale). Cela tourne légèrement en rond. 

 

Bref, une lecture agréable mais pas inoubliable. Je lirai la suite tout de même !

♥♥♥♥♥

 

 

 

 

 

A Ljubljana, où elle mène une existence sage, Veronika vit les mêmes rêves que toutes les jeunes filles du monde. Pourtant, elle n'est pas heureuse. C'est pour cette raison que, le 11 novembre 1997, elle décide de mourir. Son suicide manqué la conduit à l'hôpital psychiatrique.

 

Ma découverte de Paulo Coelho est sur la pente descendante : après avoir eu un coup de cœur inconditionnel pour L’Alchimiste, ma lecture de Sur le bord de la rivière Piedra je me suis assise et j’ai pleuré m’a paru terne. A nouveau, Véronika décide de mourir fut une lecture agréable mais pas transcendante. 

 

J’ai beaucoup aimé le début quand Véronika prend sa décision de manière tellement logique et rationnelle. J’ai aimé son pseudo geste patriotique. Le personnage de Véronika m’a bien plu. Et c’est un point très important quand  le héros vous plait, n’est-ce pas ? Par la suite, j’ai apprécié la réflexion autour de la relativité de la folie ainsi que l’importance donnée  aux différents patients de l’hôpital psychiatrique et le développement des histoires personnelles. L’histoire du roi fou conté par une des patientes est très belle !

 

A m’entendre, j’ai tout aimé, n’est-ce pas ? Oui mais non ! Passons aux points qui m’ont déplu [ATTENTION SPOILER]:

- L’intrusion du « personnage de Paulo Coelho » qui tombe comme un cheveu sur la soupe selon moi

- Le directeur de l’hôpital, ses méthodes et sa théorie de l’Amertume un peu étrange 

- En plus, à partir de là, j’ai su que Véronika ne mourrait pas. Bref, l’explication de sa théorie qui arrive quand même assez tôt lève tout suspens…

- Du coup, je n’ai pas aimé la fin, la fuite. J’ai trouvé ça gros, tiré par les cheveux et même pas romantique.

- Enfin, le style littéraire m’a paru assez plat.

 

En bref, cette lecture ne me laissera pas un souvenir impérissable mais je suis contente de l’avoir lu, j’ai passé un bon moment. J’ai dévoré ces 288 pages en quelques heures : c’est que cela reste prenant au-delà des défauts !

♥♥♥♥♥

 

 

 

 

Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. 

Une histoire étrange et émouvante où il est question

- dune fillette ;

- de mots ;

- d'un accordéoniste ;

- d'Allemands fanatiques ;

- d'un boxeur juif ;

- de vols

 

 

Un livre hors du commun, ça c’est certain ! Markus Zusak fait voler en éclat tous les codes narratifs classiques. En même temps quand le narrateur est la Mort en personne, comment rester conventionnel ?! L’originalité est partout ! La plume est incomparable, surprenante. C’est vraiment ce qui m’a le plus frappée dans ce roman.

 

Par ailleurs, le traitement de l’histoire offre un éclairage différent de ce que l’on nous raconte le plus souvent de la Seconde guerre mondiale. Nous entrons dans l’intimité de familles allemandes. J’ai vraiment eu l’impression d’être une gamine de cette rue, une voisine de Rudy par exemple. L’auteur a une facilité à évoquer et à convoquer les paysages et les personnages. Des personnages particulièrement émouvants  et intrigants ! Qui est cette fillette voleuse de livres et qui ne sait pourtant pas bien lire ? Même la Mort a envie d’en savoir plus sur son compte ! Alors elle nous entraîne dans son univers, auprès de ses amis, de ses voisins, de ses (merveilleux et courageux) parents de substitution, de "ses" livres…  

 

Et tout simplement, l’histoire est innovante ! Entre anecdotes et rendez-vous avec la grande Histoire, elle nous pose des questions difficiles : qu’est-ce que l’engagement ? Quel regard porter sur sa propre Nation quand on sent bien qu’elle s’aventure dans l’horreur ? Que faire ou ne pas faire ? Comment donner de l’importance à sa vie lorsqu’elle est prise dans le tourbillon de l’Histoire ? Courir ? Lire ? 

 

Contrairement à certains, j’ai aimé les chapitres introductifs, les pensées de la Mort. Mais c’est vrai qu’il y avait certaines longueurs sur ces 500 pages qui ont fini par me lasser quelque peu. Toutefois ce n’est heureusement pas assez important pour effacer la poésie  et l’émotion qui émanent du récit de ces quotidiens dévastés !

♥♥♥♥

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 15:00

Voilà pour commencer à rattraper mon fameux retard dans mes chroniques littéraires un premier billet groupé où sont recensés :

 

- La tête en friche, de Marie-Sabine Roger

- La femme au miroir, d'Eric-Emmanuel Schmitt

- Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annies Barrows

- Boomerang, de Tatiana de Rosnay

 

 

 

 

Germain Chazes, 45 ans, 110 kilos de muscles, tête en friche et narrateur de ce roman, se méfie des mots et de ceux qui parlent 'tout en guirlande et poils de cul'. Il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère et passe son temps entre le bistrot et le jardin public. Lui-même reconnaît qu'il est assez intelligent pour voir à quel point il est bête. Sur un banc du jardin public, il rencontre Marguerite, une toute petite vieille dame de 86 ans. Elle s'échappe souvent de sa maison de retraite pour observer les pigeons. Cette vieille dame réservée et cultivée l'émeut et le fait rire, ne fait pas la fière et l'appelle 'Monsieur'. Il suffit de quelques jours pour qu'ils deviennent 'complices', un mot qui n'appartenait pas jusqu'alors au vocabulaire de Germain. Auprès de Marguerite, Germain va découvrir un nouveau monde, celui des mots et des livres. Marguerite aime faire la lecture à voix haute, et voilà Germain, le presque illettré, embarqué au côté d'elle dans 'La Peste' de Camus. De lectures en lectures, c'est le pouvoir des livres qu'il explore, qui ouvrent en lui un monde nouveau. Et sa vie en est bouleversée. Et à fréquenter les bibliothèques, même ses conversations de comptoir prennent un tour inattendu et souvent hilarant...

 

 

A l'occasion de sa diffusion sur France 3 ce soir (je vais certainement le regarder), je décide enfin de vous parler de ce livre que j'ai lu il y a déjà longtemps. Pour tout vous dire, j'ai eu quelques difficultés à entrer dans ce roman à cause du style pour le moins grossier de Germain. Mais bien sûr il faut en passer par là pour se rendre compte de sa personalité. Finalement, au fur et à mesure que l'histoire avance :

- on s'habitue à ce langage de charretier jusqu'à le trouver sympathique,

- on est embarqué dans une petite histoire tout en délicatesse.

 

Oui, c'est là un bien joli conte, qui, au-delà du cliché, donne foi en la condition humaine et célèbre le pouvoir merveilleux de la littérature qui sait lier des êtres que tout semble opposer ! Les personnages sont des types mais ils ont neanmoins du relief et l'on s'y attache sans mal. Ce livre est rempli de réflexions et de formulations très justes et/ou très émouvantes.

 

Bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman à la fois simple et intelligent, piquant et tendre, gai et nostalgique, doux et amer (ok, j'arrête les couples de qualificatifs )... Rafraîchissant !

 

 

"J’ai décidé d’adopter Marguerite. Elle va bientôt fêter ses quatre vingt six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir"


"C’est pas parce qu’on est inculte qu’on n’est pas cultivable. Il suffit de trouver un bon jardinier. Si c’est un mauvais, qui n’a pas le doigté, il vous gâche."


"L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse."


"Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour — ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."

 

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Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines ; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques. Trois femmes : et si c'était la même ?

 

 

J'avais très envie de le lire pour l'auteur, le titre, la couverture et la quatrième de couverture ! Je m'attendais à un coup de coeur qui ne s'est finalement fait sentir à aucun moment...

 

Ceci dit, j'ai apprécié cette lecture. Malgré un style un peu lourd et parfois pompeux cérémonieux, il se lit vite et bien. Je souligne l'alternance bien rythmée entre les trois histoires (j'ai parfois eu du mal à me détacher d'une héroïne et j'ai dû résister à la tentation pour ne pas zapper les deux autres !). Les héroïnes se ressemblent certes, mais pas tant que cela selon moi. Si elles ont la même fougue, la même envie d'ailleurs, elles agissent différemment. Pour ma part, j'ai largement préféré l'histoire d'Hanna (surtout au début). Je pense que mon goût pour cette époque n'est pas étranger à cela. Un point que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman est la part majeure du symbole, des symboles qui se recoupent entre les âges même si le tout manque de fluidité. J'ai aimé aussi l'idée de chercher l'ailleurs dans trois dimensions différentes : Dieu, la psychanalyse, les paradis artificiels.

 

Mais passons aux points négatifs qui ont noirci ma lecture :

comme je le disais, le style est un peu lourd par moments ce qui n'aide pas à dissimuler les quelques longueurs du roman. En règle générale, je dirais que l'histoire manque de surprises (pas tout le temps cependant) malgré une idée tellement originale comme base de l'ouvrage. C'est bien dommage, on a l'impression que ce roman est passé près du génie sans le saisir vraiment. En effet, si je devais définir ce livre en un mot, ce serait, malheureusement, "artificiel" tant au niveau du style, que de l'histoire ou que des parallèles instaurés entre les trois héroïnes. 

 

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Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu'elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l'occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates »…

 

 

Un livre dont on a beaucoup entendu parler ! Personnellement, j'apprécie énormément les romans épistolaires qui sont finalement assez rares sur la scène littéraire. Celui-ci est emprunt d'une ambiance toute particulière et pour le moins sympathique !

 

J'ai aimé découvrir une facette de l'Histoire que je ne connaissais pas : l'Occupation allemande sur cette île isolée, la séparation d'avec les enfants. Les personnages sont extrêmement attachants bien que très stéréotypés. Tous ont leur propre petite histoire au coeur de la Grande à raconter (si bien que l'on s'y perd un peu parfois). Pour moi, finalement, le personnage le moins agréable est Juliet elle-même. J'ai beaucoup aimé l'échange des expériences dramatiques, insolites ou franchement amusantes pendant la guerre. Cependant, l'histoire "présente" est un peu facile, et la fin à la fois prévisible et trop rapide. Ceci dit, on passe un bon moment en compagnie des personnages au milieu des paysages splendides de Guernesey.

 

La critique majeure que je donnerai est au niveau du style. Celui-ci est très correct sans conteste mais il s'agit d'un roman épistolaire et j'ai été déçue par le fait que tous les personnages s'expriment exactement de la même manière. Il n'y a apparemment aucun travail pour faire émerger des styles particuliers, personnels. En clair, on croit difficilement aux lettres regroupées dans un ouvrage car cela manque de naturel. Si ce problème n'est pas dramatique en soi, il m'a néanmoins empêchée de plonger complètement dans l'ambiance...

 

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Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret... et c'est l'accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l'angoisse au ventre, alors qu'il attend qu'elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l'a quitté, ses ados lui échappent, son métier l'ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s'apprêtait-elle à lui faire ?

 

 

C'est le premier roman que je lisais de cette auteur pourtant assez connue. J'ai plutôt apprécié ce roman qui raconte une histoire universelle sous un jour intime. Antoine est un homme de notre époque, un peu perdu, un peu dépassé, nostalgique et qui semble porter le visage de tout un pan de la société. C'est le mal d'une époque que Tatiana de Rosnay a l'ambition de décrire. Elle y parvient plutôt bien mais c'est un regard assez noir sur notre époque qu'elle porte : entre crainte de ne pas être à la hauteur du passé et peur d'un avenir incertain. Entre ces deux dimensions, Antoine est finalement passif.

 

C'est d'ailleurs le principal reproche que je ferai à ce roman : sa lenteur, son manque de dynamisme à l'image de son héros. Heureusement qu'il y a les personnages secondaires plus colorés (mais pas forcément sympathiques), je pense notamment à Angèle qui malgré son métier (que j'ai aimé découvrir) est une personne enjouée et agréable. 

 

Au-delà du regard général, il y a une véritable intrigue bien menée (nous plongeons au coeur d'un secret de famille bien gardé) avec une fin à la hauteur de mes attentes. Je n'ai pas trouvé de longueurs particulières malgré la lenteur générale du roman. Pour conlure je dirais que ce récit de drames quotidiens nous touche car nous sommes tous suscpetibles d'y être confrontés. Je n'en garderai pas un souvenir impérissable mais pourquoi pas ?

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 17:44

 

 

 

Résumé :

 

Guido rencontre et séduit sa future femme, Dora. Des années plus tard, il en a un petit garçon prénommé Giosué et, en tant que Juifs, ils sont déportés vers un camp de concentration allemand réel mais indéfini sans référence précise. Là, il fait croire à son fils que les occupations du camp allemand sont en réalité un jeu, dont le but serait de gagner un char d'assaut, un vrai.

 

 

 

 

 

Mon avis :

 

Après la légèreté de Mange, prie, aime, on plonge sans transition dans l'enfer nazi... Enfin, sans transition, pas tant que cela ! Je m'attendais à une lecture rude, difficile, noire, bouleversante... Alors oui, ce livre (ou cette fable) est bouleversant, mais noir, certainement pas ! Au contraire, il est lumineux, solaire, tellement rempli d'espoir !

 

Dans les détails, j'ai été un peu désarçonnée par le commencement qui est à mille lieues de ce qui va suivre mais j'ai fini par me laisser charmer par l'histoire de Dora et Guido. Si bien que lorsque tout ce bonheur se brise, c'est encore plus cruel à supporter.

 

Bon que peut-on dire sinon que le geste de ce père de famille au coeur de l'horreur est l'un des plus beaux messages d'espoir et d'amour qui puisse exister ? Et voilà comment nous est livrée de l'émotion à l'état brut ! Le plus beau ? C'est que le tout est plein d'humour et de surprise. 

 

Alors, un coup de coeur ? Presque. Mais cela reste un scénario. Ce n'est pas un roman, tout va très vite, il n'y a pas de description. On sent bien que les images manquent. Dooonnc, il faut que je vois le film au plus vite... mais comme je sais d'avance que ce sera un film qui va me retourner, je repousse sans cesse le visionnage.

 

Bref, voyez-le, lisez-le, mais surtout ne passez pas à côté de ce chef d'oeuvre car c'est une formidable leçon de vie !

 

 

 

 

 

 

Le point de vue de Roberto Benigni :

 

Et, direz-vous, pourquoi faire rire d'une chose aussi tragique, de la plus grande horreur du siècle ? Mais parce que c'est une histoire dédramatisée, un film dédramatisé. Parce que la vie est belle, et que le germe de l'espoir se niche jusque dans l'horreur ; il y a quelque chose qui résiste à tout, à quelque destruction que ce soit.

 

Le rire nous sauve ; voir l'autre côté des choses, le côté surréel, amusant, ou parvenir à l'imaginer, nous empêche de nous briser, d'être emportés comme des fétus, nous aide à résister pour réussir à passer la nuit, même lorsqu'elle paraît longue.

 

Et l'on peut, après tout, faire rire sans blesser personne : il existe toute une tradition d'humour juif particulièrement téméraire à cet égard.

 

 

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 14:33

 

 

Quatrième de couverture :

 

 

A trente et un ans, Elizabeth possède tout ce qu’une femme peut souhaiter : un mari dévoué, une belle maison, une carrière prometteuse. Pourtant, elle est rongée par l’angoisse et le doute.

 

Un divorce, une dépression et une liaison désastreuse la laissent encore plus désemparée. Elle décide alors de tout plaquer pour partir seule à travers le monde !

 

En Italie, elle goûte aux délices de la dolce vita et prend les « douze kilos les plus heureux de sa vie » ; en Inde, ashram et rigueur ascétique l’aident à discipliner son esprit et, en Indonésie, elle cherche à réconcilier son corps et son âme pour trouver cet équilibre qu’on appelle le bonheur…

 

 

 

Mon avis :

 

J'avais vu le film il y a de cela quelques années et, à mon sens, il ne mérite pas qu'on s'y attarde bien longtemps car il ne fait pas honneur au récit qui a autrement plus à offrir (même si bon les images de cet article en sont issues) ! 

 

J'ai pris un grand plaisir à lire ce témoignage de bout en bout malgré les quelques 500 pages de pérégrinations intérieures. Et Dieu sait pourtant que je n'apprécie guère les autobiographies ! Mais là le charme a opéré : Elizabeth Gilbert a beau parler d'elle même, faire son introspection, elle a réussi à me captiver. Ce n'est pas spécialement parce que je me suis identifiée à elle, ce n'est pas non plus du voyeurisme ; ce fut plus comme une expérience de partage, d'empathie (cf. L'âge de l'empathie de Frans de Waal). 

 

 

Alors à quoi tient cette réussite ? 

 

1°Un joli titre, une belle couverture et une plume sympathique

 

J'ai trouvé le titre et la couverture à l'image de l'ambiance du livre : plein de fraîcheur, de douceur et de sensibilité. Alors certes, le début de l'aventure est assez sombre mais il est nécessaire de poser ce cadre pour apprécier la suite du voyage. Et je garde davantage cette impression de luminosité que de souvenirs de la déprime de Liz. 

 

En outre, le style d'Elizabeth Gilbert est agréable, bien tourné, avec quelques très jolies formulations de temps à autre. Il est parfaitement adapté à ce récit sur 500 pages, je trouve !

 

2°Un concept original et trois destinations de rêve !

 

Déjà il faut souligner la structure originale et bien pensée du témoignage : dans la religion hindouiste, il existe une sorte de chapelet, le japa mala, qui est un collier de 108 perles pour aider à la méditation. Or 108=36x3, et Liz a 36 ans au moment de partir, elle qui va suivre un périple dans 3 pays différents. Elle a donc tout naturellement choisi de découper son témoignage en 3 parties de 36 chapitres chacunes pour arriver à ses 108 "perles" ! Bref, on sent le projet équilibré. J'ai apprécié que les trois parties soient de même longueur.

 

La partie italienne est marquée par l'humour, la partie indienne par la spiritualité et la partie indonésienne est une bouffée d'oxygène ! Les trois parties sont importantes pour la reconstruction de Liz. Personnellement j'ai préféré l'Inde et son ashram et j'ai moins aimé l'Indonésie où cela devient un peu trop facile, un peu trop gentillet. Mais bon, cela reste bien agréable. En tout cas, ce témoignage donne une folle envie de partir, de mettre sa vie en stand-by pour faire le tour du monde, pour se trouver soi-même, se recentrer sur l'essentiel et découvrir d'autres cultures ! 

 

 

 

3°Une grande simplicité et une impression d'authenticité

 

Si on se sent si concerné par ce récit, je pense que cela vient aussi du fait que Liz nous en parle comme elle en parlerait à des amis : son témoignage regorge d'anecdotes qu'elles soient amusantes, surprenantes, tristes, délicates, etc. Cela donne une impression de proximité, on s'y croirait ! 

 

Pour conclure, je dois dire que si j'ai été séduite, les avis sont en fait assez partagés sur ce livre. Mais je le répète, ce fut pour moi une merveilleuse petite découverte, un petit coup de coeur et j'ai très envie de partir un an moi aussi... bon ok, je vais me contenter pour l'instant de découvrir la "suite" du voyage avec Mes alliances !

 

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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 14:34

 

 

 

Hum, je ne ferai pas dans l'originalité puisque, comme 99% des lecteurs, j'ai eu un coup de coeur pour cette saga ! Une amie me l'avait chaudement recommandée avant que je ne connaisse l'ampleur du phénomène. Je dois dire que cette amie et moi-même, bien qu'étant les meilleures amies du monde, avons des goûts très différents en matière de littérature. A priori, je ne suis pas fan de science-fiction, fantastique et autre dystopie ; en outre, l'étiquette "jeunesse" collée à "Hunger Games" me dérangeait quelque peu. 

 

Qu'à cela ne tienne, j'ai décidé de sauter le pas et d'emprunter le premier livre à la bibliothèque malgré mes préjugés ! Et j'ai vraiment bien fait de mettre mes réticences de côté !

 

Je vais procéder en deux temps pour cette chronique : d'abord, je vous ferai part de mon avis général sur des points transversaux aux trois tomes (1°), puis j'entrerai dans le détail de chacun des tomes (2°).

 

(Traumatisée par la dissertation ? Moi ? Noooon ! .... )

 

 

 

1° Mon avis général

 

 

1°1 Le style d'écriture de Suzanne Collins

 

Simple et efficace, je pense, sont les meilleurs qualificatifs de la langue de l'auteur. Si le style n'est pas transcendant, il n'y a rien de fondamental à lui reprocher.

 

Au contraire, il faut lui reconnaitre un don pour l'évocation, beaucoup parlent (à très juste titre) d'un style cinématographique : c'est tout à fait cela, les descriptions et le rythme sont tels que les images prennent instantanément corps dans notre esprit (au point d'avoir l'impression d'avoir vu les adaptations avant que ce ne soit réellement le cas !). C'est très agréable et facile à lire et cela sert à merveille la rapidité et le dynamisme du récit.

 

Cet effet addictif est aussi dû à cette narration à la première personne qui est certainement plus facile mener mais qui est aussi la mieux appropriée à ce type de récit. On peut noter aussi que l'auteur n'hésite jamais à recourrir au dialogue pour accélérer certaines scènes. Par ailleurs, elle manie l'art du suspens à la perfection et il est quasiment impossible de poser le roman avant la fin ! 

 

 

1°2 L'univers de la saga

 

L'histoire prend forme dans une Amérique post-apocalyptique, un monde qui tient à la fois de l'avenir de par les hautes technologies et de vagues allusions au monde que nous connaissons  ; mais avec des réminiscences du passé, comme si la civilisation avait régressé de par les conditions de vie terrible de la masse, le recours aux vieilles énergies, et des évocations multiples de l'époque de l'empire romain. C'est un univers intéressant qui est mis en place et qui se complexifie au fil des tomes. 

 

J'ai beaucoup apprécié l'idée "politique", la soumission au Capitole, la hiérarchie tacite entre les districts. Elément qui devient essentiel dans les tomes suivants. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un scénario novateur mais inventer et retracer cette histoire et cette géopolitique est original et permet d'apporter à cette trilogie une dimension réflexive qui la hisse au-dessus des autres romans du genre.

 

Par ailleurs, il faut souligner une autre dimension incontournable de la saga qui est au coeur de l'histoire : notre rapport à la télé-réalité et à nos pulsions voyeuristes. Va-t-on trop loin dans le sensationnel ? La multiplication de ces émissions où le but est d'éliminer les autres pour durer n'est-elle pas malsaine ? N'avons-nous pas un gôut pervers pour le spectacle morbide ? Cette saga parvient à nous interroger, à nous gêner parfois, preuve d'une véritable qualité de la réflexion. 

 

L'univers de la saga, c'est aussi et surtout le principe des arènes qui sont très bien étudiées ! C'est un trait de génie que d'en avoir fait presque des personnages des romans au même titre que les autres. On s'y croirait ! 

 

 

1°3 Les personnages

 

Passons au vif du sujet ! Les personnages sont à la fois assez nombreux pour apporter la substance nécessaire et soutenir l'univers créé et assez peu nombreux pour pouvoir être développés chacun dans leur individualité. 

 

Katniss est l'héroïne type au point d'en être caricaturale : pauvre, frappée par le malheur dès son plus jeune âge, elle est on ne peut plus courageuse et porte sa famille meurtrie à bout de bras. Qui plus est, elle est généreuse, droite, loyale et possède un don exceptionnel, pour le tir à l'arc en l'occurence. Un peu trop stéréotypée ai-je touvé. D'autant plus que, si on s'y attache vite (ce schéma fonctionne à chaque fois), elle reste assez désagréable : elle est renfermée, irritable, un peu insolente. Mais bon, elle ne m'a pas empêché d'apprécier le récit. J'ai aimé l'importance donné dans le troisième tome notamment à la relation qu'elle entretient avec sa mère. 

 

Gale ou Peeta ? La polémique ! Personnellement, mon coeur penche pour Peeta. Gale est comme Katniss, trop renfrogné, râleur, un peu trop fier. Peeta est plus difficile à cerner, trouble. Un peu trop amoureux cependant, à la limite du mièvre dans ces moments-là ! J'ai été traumatisée par ce qu'il lui arrive dans le troisième tome (voyez comme j'entretiens le suspens ^^). 

 

Primrose (quel joli prénom !) est un peu fade, je la trouvais très bien en personnage secondaire fragile, j'ai moins aimé la tentative pour la faire devenir une âme noble et courageuse qui se sacrifie pour les autres. J'ai beaucoup aimé, en revanche, le parallèle avec la petite Rue qui est adorable !

 

Haymitch est probablement mon personnage favori : franc mais ambivalent, stratège, pas exemplaire, marqué par ce qu'il a vécu mais non dénué d'un grand sens de l'humour. Il est parfait et donne beaucoup de peps à l'histoire !

 

Les gens du Capitole sont bien décrits, du Président Snow qui est l'affreux méchant par excellence aux plus proches de Katniss notamment Effie qui oscille entre ridicule et pathétique mais qui est finalement assez touchante. 

 

J'ai aimé que les autres tributs ne soient pas de simples anonymes mais qu'ils soient un peu étudiés, et que, pour certains, ils prennent de l'importance au fil de la saga. Je n'aurais pas dit non à encore plus de détails sur eux. 

 

J'en resterai là sur les personnages en concluant que l'auteur les a rendus crédibles et attachants masi qu'ils ne sont pas l'élément le plus réussi de la trilogie de par leur caractère "déjà-vu" et prévisible.

 

 

 

2°Tome par tome... 

 

Attention ! Spoilers à partir de maintenant (limités au maximum dans les deux premiers tomes) !

 

 

2°1 Hunger Games   ♥♥♥♥♥

 

 

Quatrième de ouverture :

 

Dans un futur sombre, sur les ruines des Etats-Unis, un jeu télévisé est créé pour contrôler le peuple par la terreur.

Douze garçons et douze filles tirés au sort participent à cette sinistre téléréalité, que tout le monde est forcé de regarder en direct. Une seule règle dans l'arène : survivre, à tout prix.

Quand sa petite soeur est appelée pour participer aux Hunger Games, Katniss n'hésite pas une seconde. Elle prend sa place, consciente du danger. A seize ans, Katniss a déjà été confrontée plusieurs fois à la mort. Chez elle, survivre est comme une seconde nature...

 

J'ai été complètement happée par ce roman du début à la fin et quand je l'ai eu fini j'ai trépigné d'impatience en attendant de pouvoir emprunter le deuxième tome à la bibliothèque (dès le lendemain matin) ! 

 

Le début du roman (enfin une bonne première moitié en fait) pose le cadre. Cette partie est nécessaire et bien menée de manière à ce que l'on ne s'ennuie pas. Je trouve que cette longueur permet juste de créer un effet d'attente savamment dosé. 

 

Mais c'est surtout à partir de l'entrée dans l'arène que le roman devient une drogue dure ! J'avais l'impression d'être Katniss, je me suis posé les mêmes questions qu'elle, ai ressenti les mêmes choses : angoisse, désespoir, surprise... J'ai adoré découvrir l'arène ! J'avais l'impression d'être dans un jeu de piste ! 

 

S'il y a un ou deux reproches à faire ce serait les mutations génétiques de la fin qui m'ont semblés une intrusion malvenue du "merveilleux" dans un monde dystopique, trop gros quoi, tellement que j'ai eu du mal à me l'imaginer. Sinon, honnêtement, la décision de la fin dans l'arène entre les deux héros était un peu prévisible, non ?

 

Mais en bref, un moment fantastique passé avec  cette lecture !

 

 

 

2°2 L'embrasement    ♥♥♥♥♥

 

 

 

Quatrième de couverture :

 

Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s'agit surtout d'une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d'une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n'hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l'aube des Jeux de l'Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss...

 

Eh bien, si cela est possible, j'ai encore préféré ce deuxième tome au premier ! Mais je vous propose cette fois de commencer par les points négatifs. D'abord, il est vrai que l'action met plus de temps à se déveloper; le début est assez lent. Par ailleurs, la fin, si elle est particulièrement inattendue et "spectaculaire", m'a semblé assez brouillonne, confuse. Même si elle donne follement envie de se plonger corps et âme dans le dernier tome !

 

C'était les seuls points négatifs selon moi ! Le reste était parfait ! On retombe sur le même schéma que dans le premier tome : adrénaline, angoisse, émotion, colère aussi... Il y a dans cette suite de nouveaux éléments qui m'ont transportée ! L'énigme autour du district treize, le principe des jeux de l'expiation qui permet d'approfondir notre connaissance de Panem, mais surtout la nouvelle arène qui ressemble à un échiquier géant. La stratégie est au coeur de ce deuxième tome, la suspicion aussi ; il y a peut-être un peu moins d'action mais c'est au profit d'une dose supplémentaire de mystère et de matière à reflexion ! Brillant !

 

 

 

2°3 La révolte     ♥♥♥♥

 

 

 

Quatrième de couverture :

 

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu'elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair : Katniss n'est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébelion. Quel que soit le prix à payer. 

 

Eh oui, ce troisième tome m'a semblé (très) légèrement en dessous des deux précédents... Même si, entendons-nous bien, c'est une fin parfaitement digne de cette saga. 

 

J'ai aimé découvrir l'univers incroyable du district 13 et la société complexe qui s'y est construite mais j'ai trouvé que l'action se fait attendre bien longtemps. Les coulisses de la révolte sont posées rapidement puis on passe la moitié du roman à attendre ladite révolte. Par ailleurs, Katniss est très taciturne et déprimante. Bien sûr, elle a vécu des épisodes dramatiques, son attitude est donc plus que normale d'un point de vue psychologique ; mais cela plombe quelque peu la narration ! Heureusement, il y a tous ces personnages qui gravitent autour d'elle que l'on découvre ou redécouvre et qui sont tous plus émouvants (ou révoltants, ça dépend lesquels) les uns que les autres. 

 

Je n'ai vraiment été captivée qu'à partir du retour de Peeta. Quel traumatisme de le retrouver changé à ce point et qu'il ne redevienne jamais tout à fait le même : cet élément est une force de l'auteur qui ne cède pas à la parfaite happy-end bien que ce soit tellement triiiste !!!  

 

Ce que j'ai préféré dans ce dernier tome c'est la présence officieuse de l'arène, là encore. C'est à partir de là que le suspens devient insoutenable et que l'on retrouve les sensations des deux premiers tomes. J'admire Suzanne Collins pour avoir su créer ces trois "terrains de jeu" si semblables et si différents à la fois ! 

 

Bon, parlons maintenant de la fin ; ce qui est un point essentiel dans une saga comme celle-ci : est-elle à la hauteur ? Je dirais oui, les rebondissements sont vraiment inattendus. Les événements s'enchaînent à toute vitesse. Surtout, l'auteur a su façonner une fin en demi-teinte, complexe et poignante. 

 

En revanche, l'épilogue m'a un peu déçue, je l'ai trouvé inutile, il fait retomber l'ambiance et ancre la saga dans un pessimisme, une lassitude, un fatalisme qui ne caractérisent pourtant pas le reste du récit. Pourquoi cette manie de faire des épilogues sur le mode "dix ans plus tard" dans ce genre de littérature ? Le lecteur n'a pas besoin qu'on lui pose des bornes aussi précises, il peut lui aussi réfléchir et créer son épilogue personnel (enfin, selon moi).

 

Mais ceci n'est qu'un détail au vu de la qualité de cette trilogie que j'ai dévorée en une demi-semaine! 

 

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 15:18




Quatrième de couverture :



 

À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.

Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l’oubli.

 



Mon avis :



 

Une petite déception que ce roman. Je ne sais pas pourquoi je m’étais attendue à un très bon moment. Enfin si, je sais : à cause de la couverture absolument splendide ! Comme quoi, il ne faut vraiment pas juger un livre sur sa couverture ! En réalité, cette lecture date un peu et je n’en garde que très peu de souvenirs… Sinon celui d’une lenteur engourdissante. L’histoire n’est pas palpitante bien qu’elle soit assez jolie mais j’ai surtout trouvé qu’il y avait beaucoup, beaucoup de longueurs… et quelques répétitions.


J’ai eu bien du mal à m’attacher à Iris que j’ai trouvé terne, lymphatique et nonchalante. Son histoire avec Max n’a pas réussi à me toucher, même si le personnage de Max en lui-même était intéressant et aurait mérité quelques approfondissements, à mon sens. La sœur de Max m’a aussi beaucoup intriguée. J’ai bien mieux accroché aux passages concernant les générations précédentes ; plus vivantes, paradoxalement. J’ai aussi aimé les descriptions des tantes d’Iris (dommage que l’histoire ne soit pas uniquement autour d’elles !), et de sa cousine, Rosemarie. 


J’aurai préféré que le roman ne soit pas rédigé à la première personne, je pense que cela aurait pu apporter une autre dimension à l’histoire et davantage de profondeur aux personnages. Le style ne m’a pas déplu mais m’a semblé un peu lourd ce qui n’a fait qu’accentuer l’impression de lenteur générale. Un premier contact moyennement convainquant, donc, avec la littérature allemande. Ceci dit, il y a des perles de délicatesse, des étincelles de génie dans certaines phrases de cet ouvrage. Je vous invite à lire les quelques citations à la fin de cet article. Le travail et la réflexion sur le sens profond des mots est aussi un point fort de l'ouvrage. 


Au final, je ne sais même pas si ce roman est triste ou ironique ou drôle, léger ou grave… Il est juste lent. En bref, beaucoup d’ennui et peu de souvenir. C’est dommage pour un roman centré autour du travail de mémoire ! Cette dimension de la mémoire a été travaillée, certes, mais elle reste assez superficielle. Ou est-ce la mémoire qui est défaillante ? Car finalement, des mystères demeurent autour de cette famille et du drame qu’elle a connu. Et ces zones d’ombres persistantes ne m’ont pas paru un artifice délicat ou poétique… juste un point frustrant supplémentaire. 


Je suis sortie de cette lecture un brin nostalgique mais surtout perplexe : suis-je passé à côté de la poétique du roman, de ce que l’auteur avait à dire ? Cette histoire ne m’a donc pas touchée mais je vous invite à lire des avis plus élogieux que le mien ici ou , car je pense que certains pourraient apprécier davantage cette ambiance « roman familial » que moi. 


Par ailleurs, si ce roman faisait l’objet d’une adaptation cinématographique, j’irai le voir sans l’ombre d’une hésitation car je pense que ce support servirait mieux la trame du livre en la rendant plus légère et plus dynamique avec probablement une esthétique très travaillée, comme l’est ma couverture ! 




Enfin, voici quelques très jolies citations tirées de l’ouvrage :

" J'aimais lire et manger en même temps(...). C'était merveilleux les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies...."

"L'oubli n'était donc lui-même qu'une forme de souvenir. Si l'on n'oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l'océan de l'oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s'agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées."

"Vous savez les enfants, il y a trois choses que l'on peut contempler continuellement sans jamais s'en lasser. L'une de ces choses, c'est l'eau. L'autre, c'est le feu. Et la troisième, c'est le malheur des autres".

"Lire signifie collectionner, et collectionner signifie conserver, et conserver signifie se souvenir, et se souvenir signifie ne pas savoir exactement, et ne pas savoir exactement signifie avoir oublié, et oublier signifie tomber, et tomber doit être rayé du programme".



♥♥♥♥♥

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 13:16




Quatrième de couverture : 



Emmy, Leigh et Adriana sont amies depuis six ans. Belles, sexy, dans le vent, elles connaissent par coeur tous les endroits tendance de Manhattan. Pourtant, lors d'une soirée un peu trop arrosée, elles font un pacte qui va bouleverser leur existence : chacune des trois doit changer radicalement de comportement surtout à l'égard du sexe fort ! Mais si transformer une bomba latina en jeune mariée n'est pas une mince affaire, convertir une grande romantique au libertinage relève presque du miracle. Quant à faire dévier du droit chemin une workaholic sur le point d'épouser l'homme de sa vie et de s'installer dans l'appartement de ses rêves, c'est carrément mission impossible ! Sauf que, c'est bien connu, la vie est pleine de surprises.


Mon avis :



Changement de registre ! J'avais envie d'une lecture détente en mode "je mets mon cerveau en veille". J'ai eu ce que je voulais. Sans plus. J'ai souri, je n'ai pas ri. 



Les trois héroïnes ne m'ont pas semblées être particulièrement attachantes. Je n'ai pu m'identifier à aucune des trois, en revanche, toutes ont réussi à m'agacer par moment à faire un drame de si peu de choses. Cela dit, elles ne sont pas désagréables non plus, hein ! Juste tellement stéréotypées...



L'histoire n'est pas haletante au point de ne plus pouvoir lâcher le bouquin mais on finit par se prendre au jeu et l'on a envie de connaître l'issue du pari. Voilà qui fait un bon livre pour lâcher prise, à la plage par exemple !



La plume est loin d'être géniale mais cela se laisse lire. Je pense que de lire ce roman juste après Balzac ne fut pas un choix des plus judicieux ! 



En fait, je crois que ce roman sympa et sans prétention ferait plutôt un bon support pour le scénario d'une comédie romantique spéciale filles  



♥♥♥♥♥



Lisa Storms

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