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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 15:00

Voilà pour commencer à rattraper mon fameux retard dans mes chroniques littéraires un premier billet groupé où sont recensés :

 

- La tête en friche, de Marie-Sabine Roger

- La femme au miroir, d'Eric-Emmanuel Schmitt

- Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annies Barrows

- Boomerang, de Tatiana de Rosnay

 

 

 

 

Germain Chazes, 45 ans, 110 kilos de muscles, tête en friche et narrateur de ce roman, se méfie des mots et de ceux qui parlent 'tout en guirlande et poils de cul'. Il vit dans une caravane au fond du jardin de sa mère et passe son temps entre le bistrot et le jardin public. Lui-même reconnaît qu'il est assez intelligent pour voir à quel point il est bête. Sur un banc du jardin public, il rencontre Marguerite, une toute petite vieille dame de 86 ans. Elle s'échappe souvent de sa maison de retraite pour observer les pigeons. Cette vieille dame réservée et cultivée l'émeut et le fait rire, ne fait pas la fière et l'appelle 'Monsieur'. Il suffit de quelques jours pour qu'ils deviennent 'complices', un mot qui n'appartenait pas jusqu'alors au vocabulaire de Germain. Auprès de Marguerite, Germain va découvrir un nouveau monde, celui des mots et des livres. Marguerite aime faire la lecture à voix haute, et voilà Germain, le presque illettré, embarqué au côté d'elle dans 'La Peste' de Camus. De lectures en lectures, c'est le pouvoir des livres qu'il explore, qui ouvrent en lui un monde nouveau. Et sa vie en est bouleversée. Et à fréquenter les bibliothèques, même ses conversations de comptoir prennent un tour inattendu et souvent hilarant...

 

 

A l'occasion de sa diffusion sur France 3 ce soir (je vais certainement le regarder), je décide enfin de vous parler de ce livre que j'ai lu il y a déjà longtemps. Pour tout vous dire, j'ai eu quelques difficultés à entrer dans ce roman à cause du style pour le moins grossier de Germain. Mais bien sûr il faut en passer par là pour se rendre compte de sa personalité. Finalement, au fur et à mesure que l'histoire avance :

- on s'habitue à ce langage de charretier jusqu'à le trouver sympathique,

- on est embarqué dans une petite histoire tout en délicatesse.

 

Oui, c'est là un bien joli conte, qui, au-delà du cliché, donne foi en la condition humaine et célèbre le pouvoir merveilleux de la littérature qui sait lier des êtres que tout semble opposer ! Les personnages sont des types mais ils ont neanmoins du relief et l'on s'y attache sans mal. Ce livre est rempli de réflexions et de formulations très justes et/ou très émouvantes.

 

Bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman à la fois simple et intelligent, piquant et tendre, gai et nostalgique, doux et amer (ok, j'arrête les couples de qualificatifs )... Rafraîchissant !

 

 

"J’ai décidé d’adopter Marguerite. Elle va bientôt fêter ses quatre vingt six ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir"


"C’est pas parce qu’on est inculte qu’on n’est pas cultivable. Il suffit de trouver un bon jardinier. Si c’est un mauvais, qui n’a pas le doigté, il vous gâche."


"L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse."


"Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour — ou d'Indiens. Et point barre, c'est tout."

 

♥♥♥♥

 


 

 

Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines ; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques. Trois femmes : et si c'était la même ?

 

 

J'avais très envie de le lire pour l'auteur, le titre, la couverture et la quatrième de couverture ! Je m'attendais à un coup de coeur qui ne s'est finalement fait sentir à aucun moment...

 

Ceci dit, j'ai apprécié cette lecture. Malgré un style un peu lourd et parfois pompeux cérémonieux, il se lit vite et bien. Je souligne l'alternance bien rythmée entre les trois histoires (j'ai parfois eu du mal à me détacher d'une héroïne et j'ai dû résister à la tentation pour ne pas zapper les deux autres !). Les héroïnes se ressemblent certes, mais pas tant que cela selon moi. Si elles ont la même fougue, la même envie d'ailleurs, elles agissent différemment. Pour ma part, j'ai largement préféré l'histoire d'Hanna (surtout au début). Je pense que mon goût pour cette époque n'est pas étranger à cela. Un point que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman est la part majeure du symbole, des symboles qui se recoupent entre les âges même si le tout manque de fluidité. J'ai aimé aussi l'idée de chercher l'ailleurs dans trois dimensions différentes : Dieu, la psychanalyse, les paradis artificiels.

 

Mais passons aux points négatifs qui ont noirci ma lecture :

comme je le disais, le style est un peu lourd par moments ce qui n'aide pas à dissimuler les quelques longueurs du roman. En règle générale, je dirais que l'histoire manque de surprises (pas tout le temps cependant) malgré une idée tellement originale comme base de l'ouvrage. C'est bien dommage, on a l'impression que ce roman est passé près du génie sans le saisir vraiment. En effet, si je devais définir ce livre en un mot, ce serait, malheureusement, "artificiel" tant au niveau du style, que de l'histoire ou que des parallèles instaurés entre les trois héroïnes. 

 

♥♥♥♥♥

 

 

 

 

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet de roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil des lettres qu'elle échange avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis : un étrange club de lecture inventé pour tromper l'occupant allemand, le « Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates »…

 

 

Un livre dont on a beaucoup entendu parler ! Personnellement, j'apprécie énormément les romans épistolaires qui sont finalement assez rares sur la scène littéraire. Celui-ci est emprunt d'une ambiance toute particulière et pour le moins sympathique !

 

J'ai aimé découvrir une facette de l'Histoire que je ne connaissais pas : l'Occupation allemande sur cette île isolée, la séparation d'avec les enfants. Les personnages sont extrêmement attachants bien que très stéréotypés. Tous ont leur propre petite histoire au coeur de la Grande à raconter (si bien que l'on s'y perd un peu parfois). Pour moi, finalement, le personnage le moins agréable est Juliet elle-même. J'ai beaucoup aimé l'échange des expériences dramatiques, insolites ou franchement amusantes pendant la guerre. Cependant, l'histoire "présente" est un peu facile, et la fin à la fois prévisible et trop rapide. Ceci dit, on passe un bon moment en compagnie des personnages au milieu des paysages splendides de Guernesey.

 

La critique majeure que je donnerai est au niveau du style. Celui-ci est très correct sans conteste mais il s'agit d'un roman épistolaire et j'ai été déçue par le fait que tous les personnages s'expriment exactement de la même manière. Il n'y a apparemment aucun travail pour faire émerger des styles particuliers, personnels. En clair, on croit difficilement aux lettres regroupées dans un ouvrage car cela manque de naturel. Si ce problème n'est pas dramatique en soi, il m'a néanmoins empêchée de plonger complètement dans l'ambiance...

 

♥♥♥♥

 

 

 

 

Sa soeur était sur le point de lui révéler un secret... et c'est l'accident. Elle est grièvement blessée. Seul, l'angoisse au ventre, alors qu'il attend qu'elle sorte du bloc opératoire, Antoine fait le bilan de son existence : sa femme l'a quitté, ses ados lui échappent, son métier l'ennuie et son vieux père le tyrannise. Comment en est-il arrivé là ? Et surtout, quelle terrible confidence sa cadette s'apprêtait-elle à lui faire ?

 

 

C'est le premier roman que je lisais de cette auteur pourtant assez connue. J'ai plutôt apprécié ce roman qui raconte une histoire universelle sous un jour intime. Antoine est un homme de notre époque, un peu perdu, un peu dépassé, nostalgique et qui semble porter le visage de tout un pan de la société. C'est le mal d'une époque que Tatiana de Rosnay a l'ambition de décrire. Elle y parvient plutôt bien mais c'est un regard assez noir sur notre époque qu'elle porte : entre crainte de ne pas être à la hauteur du passé et peur d'un avenir incertain. Entre ces deux dimensions, Antoine est finalement passif.

 

C'est d'ailleurs le principal reproche que je ferai à ce roman : sa lenteur, son manque de dynamisme à l'image de son héros. Heureusement qu'il y a les personnages secondaires plus colorés (mais pas forcément sympathiques), je pense notamment à Angèle qui malgré son métier (que j'ai aimé découvrir) est une personne enjouée et agréable. 

 

Au-delà du regard général, il y a une véritable intrigue bien menée (nous plongeons au coeur d'un secret de famille bien gardé) avec une fin à la hauteur de mes attentes. Je n'ai pas trouvé de longueurs particulières malgré la lenteur générale du roman. Pour conlure je dirais que ce récit de drames quotidiens nous touche car nous sommes tous suscpetibles d'y être confrontés. Je n'en garderai pas un souvenir impérissable mais pourquoi pas ?

 

♥♥♥♥♥

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commentaires

Herbe Folle 10/03/2013 17:59

Bonjour,
J'ai personnellemnt adoré Le cercle des amateurs d'épluchures de patates, mais il est vrai que ça fait longtemps que je l'ai lu. Tiens je vais m'y replonger !
A bientôt :)

Petite Aurore 01/05/2013 21:51



Bonjour, en fait, j'ai aussi bien aimé, j'aurais juste apprécié davantage de nuances dans le style des correspondants. Je vais peut-être le relire moi-même car plus j'y pense plus le souvenir que
j'en garde devient positif ^^



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