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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 14:35


 


Quatrième de couverture :



 

Pour retrouver son petit-fils préféré qui a disparu en France, avalé par l’ogre du football, Madame Bâ Marguerite, née en 1947 au Mali, sur les bords du fleuve Sénégal, présente une demande de visa. Une à une, elle répond scrupuleusement à toutes les questions posées par le formulaire officiel 13-0021. Mais personne n'a jamais pu enfermer Madame Bâ dans une case ! Elle raconte alors l’enfance émerveillée au bord du fleuve, l’amour que lui portait son père, l’apprentissage au contact des oiseaux, … sa passion somptueuse et douloureuse pour son trop beau mari peul, ses huit enfants et cette étrange « maladie de la boussole » qui les frappe …


Sans fard ni complaisance, c’est l’Afrique d’aujourd’hui qui apparaît au fil des pages, l’Afrique et ses violences, ses rêves cassés, ses mafias, mais aussi ses richesses éternelles de solidarité et ce formidable tissage entre les êtres.

 





Mon avis : 



J'ai voulu découvrir cet auteur après l'avoir entendu parler dans "La grande librairie". J'ai trouvé Monsieur Orsenna particulièrement intéressant à écouter, tout en intelligence et en finesse. Sérieux mais avec une grande dose d'humour ! Peu après je suis tombée sur Madame Bâ à la bibliothèque qui a accroché mon regard du fait du nom de l'auteur. Ni une ni deux, je l'emprunte et me voici en route vers le continent africain qui a tant de richesses à offrir !



Le concept du roman est original avec ce formulaire administratif à remplir petit à petit. Chaque section est prétexte à conter un peu de l'histoire de Madame Bâ. Et quelle dame ! J'ai beaucoup apprécié cette plongée au coeur de l'Afrique et de ses coutumes. C'est un continent dont l'étude des moeurs est passionnate et pourtant rarement mise en avant. Je suis donc reconnaissante à l'auteur pour cet ouvrage. 



Les Africains sont tellement loin de nous ! Madame Bâ nous le fait bien sentir : elle essaie de nous les rendre compréhensibles et ce n'est pas chose aisée car les Europpéens ont l'esprit rigide. Ce roman est instructif, drôle parfois, émouvant souvent. Poétique toujours ; même dans les passages les plus crus (et il y en a !), la poésie, la sagesse et la magie à l'africaine transparaissent. 



L'intrigue est reléguée au second plan, derrière la découverte de la vie malienne et des personnages qui ont construit l'histoire de Madame Bâ. Orsenna n'a pas voulu écrire un roman au sens strict, il nous livre plutôt des clefs de compréhension de l'Afrique tout entière à travers la rencontre d'une femme, la plus emblématique. Au delà de cette découverte d'un peuple, il y a aussi une approche de la condition féminine, et ce de façon universelle. L'auteur réussit étonnement bien à se projeter en femme africaine (étrange, n'est-il pas ?) ! 





Je dois cependant avouer qu'après quelques 200 pages sur plus de 400, j'ai commencé à me lasser des digressions incessantes de Madame Bâ et des répétitions aussi. Ce qui fait le charme des débuts résiste assez mal sur la longueur. D'autant plus qu'à mesure qu'on avance, on a de plus en plus droit à des anecdotes crues et parfois assez grossières, ai-je trouvé. J'avais un peu hâte de finir ma lecture. 



Mais ce roman demeure une bonne découverte. J'ai d'autant plus envie d'en apprendre davantage sur l'Afrique et même la littérature africaine (qui est un mystère total pour moi) !



Citations :



« La vie est une. Qui la découpe en petits morceaux n'en peut saisir le visage.  »



 

« Monsieur le Président de la République française, j’ai bien réfléchi : notre ancêtre est un oiseau. “O serefana ni yéliné gna”, comme nous disons nous autre Soninkés. Celui qui ne remonte pas aux siècles lointains des ailes ne comprend rien à notre histoire. » (incipit)

 



« Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable ?  »



 ♥♥♥♥♥

 

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